mercredi 13 décembre 2017

Chagrin d'amour



À la fin de l’été dernier, sur les quais de gare, j'ai vu plusieurs fois de petits amoureux qui s’embrassaient et se parlaient avant que l’un des deux, habitant visiblement dans un autre coin de France, ne reprenne le train. Je me demandais ce que deviendraient ces liaisons de vacances, et combien de chagrins d'amour ils engendreraient.

Chagrin ? On ne devrait pas parler de « chagrin » d’amour : c’est un vocable pour ceux qui n’en souffrent pas. Pour les personnes qui le subissent, ça n’a rien d’un petit chagrin, c’est plutôt une grande détresse et une tristesse intense, une sorte d‘état dépressif transitoire mais profond. A la mesure du bonheur vécu : l’amour va tout intensifier dans notre vie, et la rupture à l’inverse va tout désertifier, plus rien n’aura de sens ni d’importance. Comme dans le vers célèbre de Lamartine : « Un seul être vous manque et tout est dépeuplé ».

Et la douleur de la rupture est telle que, parfois, on fait n’importe quoi, on veut en finir avec la vie ou, au lieu de se remettre à vivre, on se fige dans l’espoir d’un retour de l’être aimé

Mais un autre aspect passionnant de la rupture amoureuse, c’est le point de vue et l’attitude de celle ou celui qui la provoque, et qui cause la chagrin. Parfois, c’est une attitude de sagouin, égoïste, brutale. Mais assez souvent, la personne qui part voudrait ne pas faire de peine, souhaiterait ne pas trop faire souffrir, et se demande s’il est possible de plaquer quelqu’un gentiment ?

Ce n’est pas seulement parce que les larmes ou les reproches de l’ex sont pénibles, c’est aussi parce qu’on l’a aimé, vraiment aimé. Mais que l’amour ne suffit pas, comme le savent les thérapeutes de couple. L’amour est une condition nécessaire mais pas suffisante, comme on dit en maths. Il faut bien d’autres choses en plus pour qu’un couple dure. Alors, comme la personne qui part se souvient de cet amour, elle rêverait de ne pas faire trop de mal. 

Mais c’est mission impossible : même en s’efforçant d’être un « abandonneur gentil », dans une rupture, on ne peut que faire souffrir. L’honnêteté et la bienveillance n’empêcheront pas la douleur et la détresse sur le moment. Mais sans doute permettront-elles un rétablissement plus rapide. Et surtout éviteront-elles le traumatisme de ces amoureux et amoureuses mal quittés, qui du coup ne veulent plus jamais aimer personne, et deviennent comme des grands brûlés de l’amour…

Message donc à celles et ceux qui partent : quitter l’autre avec honnêteté et humanité n’empêche pas le chagrin, mais préserve chez son ex la possibilité d’aimer encore. Ne rompez pas comme des nuls !

Illustration : un détail du célèbre Baiser, du viennois Gustav Klimt

PS : ce texte reprend ma chronique du 5 septembre 2017, dans l'émission de mon ami Ali Rebehi, "Grand bien vous fasse", tous les jours de 10h à 11h sur France Inter. 





mercredi 6 décembre 2017

Noir c'est noir



Comme tout le monde, je suis parfois sujet aux coups de spleen, à ces moments de la vie où on voit tout en noir.

Chez nos patients de psychiatrie, ces baisses de moral peuvent avoir des conséquences fâcheuses, car elles sont parfois des signes avant-coureurs de rechute dépressive. Mais elles existent chez tout le monde. Et chez certaines personnes mélancoliques, ces états d’âme sombres sont fréquents, ainsi chez le philosophe Cioran : « Le cafard à tous les niveaux, du tango à l’apocalypse, tel est mon climat habituel. »

Cependant, chez la plupart des humains, l’état émotionnel est comme le ciel : son climat est changeant, parfois c’est grand beau temps, parfois c’est nuit et brouillard. On se réveille le matin, et on sent que la bonne humeur n’est pas au rendez-vous, pire, qu’on a déjà commencé à broyer du noir avant même de mettre un pied par terre.

Souvent, on sait d’où ça vient : des soucis, des difficultés qu’on peine à régler et qui du coup occupent notre esprit et vampirisent notre énergie mentale.

Mais parfois, ce n’est pas si clair. Il existe en anglais une expression pour cela : « out of the blue », qui décrit un événement ou un ressenti qui semble surgir de nulle part, sans cause claire. Et qui nous conduit tout droit vers des idées noires (petit hommage à Johnny Halliday, parti dans le noir cette nuit...).

Que faire lorsque le noir envahit notre esprit ?

Première étape, l’accepter et l’observer : toutes les émotions sont des informations, et nous signalent que nous réagissons à quelque chose qui se passe, en nous ou dans notre vie. Les émotions heureuses nous informent que notre vie nous convient, et les douloureuses qu’il y a des déséquilibres ou des souffrances, manifestes ou cachés. Le poète Rilke recommandait de « ne pas nous effrayer quand une tristesse se lève en nous »… 

Plutôt respirer, et accueillir ce qui nous rend triste : s’il y a une solution la mettre en œuvre ; et s’il n’y en a pas, ou pas immédiatement, nous occuper de freiner l’extension de la tristesse, du cafard et du spleen. Car le problème est là : les idées noires ont tendance à faire leur nid dans notre esprit, à nous pousser ensuite à les ressasser et à les ruminer. 

C’est pourquoi, si vous en ressentez fréquemment, la meilleure hygiène intérieure, une fois que vous avez compris le pourquoi de leur présence, c’est d’échapper à leur influence ! En vous tournant vers l’action (la marche est un très bon remède) et vers l’instant présent (souvent la tristesse nous pousse à revenir dans le passé ou à craindre l’avenir).

Je sais, c’est plus facile à dire qu’à faire, mais pourtant toutes les études montrent qu’en s’y entraînant régulièrement, comme dans la méditation ou les thérapies cognitives, ça aide, peu à peu. 

Comme le dit le proverbe chinois : « Tu ne peux pas empêcher les oiseaux de voler au-dessus de ta tête, mais tu peux les empêcher de faire un nid dans tes cheveux ». C’est la même chose pour nos idées noires.

Et vous, vous ressentez des coups de cafard parfois ? Comment y répondez-vous alors ?


Illustration : même quand tout est noir, la lumière est toujours là, et reviendra...

PS : ce texte reprend ma chronique du 21 novembre 2017, dans l'émission de mon ami Ali Rebehi, "Grand bien vous fasse", tous les jours de 10h à 11h sur France Inter. 




mercredi 29 novembre 2017

Du début de l’amour (peut-être) et de la forme des nuages



Ça se passe dans le train. Une dame et un monsieur, entre 60  et 70 ans, qui ne se connaissaient pas, se retrouvent assis l’un en face de l’autre. Ils regardent un peu leurs portables, jettent un vague coup d’œil sur leurs magazines, puis finalement, ils commencent à se parler - visiblement l’activité qu’ils préfèrent dans un train. Je les écoute ; autant les monologues au téléphone m’agacent, autant les vrais échanges m’amusent et m’intéressent. Je sais, c’est indiscret, mais c’est plus fort que moi.

Rapidement, la conversation va bon train, si j’ose dire, et les sujets se succèdent. Au bout d’un moment, il y a de la fatigue et ça retombe un peu, les grands thèmes généraux (voyage, temps, horaires et retards) sont épuisés. Le monsieur regarde alors par la fenêtre et admire le ciel, effectivement un très beau ciel d’automne, changeant sans cesse. 

Quelques banalités entre eux sur la beauté des nuages, de la lumière. Puis la conversation décolle, la dame explique qu’elle voit toujours des tas de formes dans les nuages : animaux, visages, objets. Le monsieur est ravi parce que lui aussi, ça lui fait la même chose ! Ils se lancent dans un petit jeu : « Et là, vous voyez quoi ? » Au bout d’un moment, la dame dit : « Vous savez, il paraît que quand on voit beaucoup de formes comme ça, ça veut dire qu’on est plutôt sensible et un peu inquiet même, on se raconte plein d’histoires à partir de petits détails. » Le monsieur est ravi : « Mais c’est tout à fait moi, ça, sensible et inquiet ! Et c’est vrai que dans les nuages, ou certains papiers peints, je vois toujours des choses incroyables ! » Ils rient et continuent de bavarder.

Je les abandonne à leur conversation, j’ai un peu de travail, et j’ouvre mon ordinateur pour m’y mettre. Pendant un moment, je suis absorbé et je les oublie ; puis je somnole un peu, bercé par leurs voix discrètes et la rumeur du train. J’ai bien aimé leurs petits échanges, pleins d’amabilités et de fraîcheur.

Quand j’ouvre les yeux, le train ralentit pour un arrêt en gare. Le monsieur ramasse ses affaires. Ils se saluent gentiment, il lui souhaite un bon voyage, elle lui souhaite une bonne soirée. Rien de plus. Mince alors, quel dommage ! Comme au cinéma ou dans un roman, j’espérais qu’il allait se passer un petit quelque chose de plus entre ces deux personnages à la Sempé. Mais non, nous ne sommes pas au cinéma, mais dans la vraie vie : alors, pas d’idylle naissante, pas de destin qui bascule. Juste un moment léger et charmant, pour eux et pour moi. La dame a l’air un peu triste ; ou bien c’est moi qui me raconte des histoires.

Le train repart, et la vie  - merci, merci ! - m’offre un dernier petit cadeau : ils se font au revoir, des deux côtés de la vitre. Trop mignons ! Je me demande s’ils vont rêver à leur rencontre cette nuit ?

Illustration : Envol de colombe à Subiaco, par Karolina Sikorska.

PS : cet article a été initialement publié dans Psychologies Magazine en septembre 2017.

jeudi 23 novembre 2017

Prendre sa retraite



Je pensais l'autre jour à notre président de la République, Emmanuel Macron : si par hasard il n’est pas réélu, il sera à la retraite à 45 ans. Et je me suis dit que s’il se met alors à faire du bénévolat, comme beaucoup de retraités, avec la même énergie que celle avec laquelle il conduit sa carrière professionnelle et politique, ça va dépoter dans les associations dont il sera membre ! 

Puis j'ai songé à ma propre retraite...

Eh oui, ça approche, l’air de rien ! Mais cette perspective me met plutôt en joie. Comme beaucoup de personnes, je vois dans la retraite une sorte de Terre Promise, où me sera offert ce qui me manque le plus : du temps pour faire ce que j’aime ! 

Lire tous les livres que j’ai achetés et accumulés, sans avoir un moment pour les savourer ; aller rendre visite à tous mes vieux copains aux 4 coins de France, et passer du temps avec eux ; traîner, peut-être m’ennuyer un peu, ne plus être réveillé le matin avec dans ma tête la liste de toutes les choses à faire dans la journée ; et puis, avoir le temps de la non-action, le temps de la présence au monde sans pressions ni attentes ni objectifs.

Bref, j’ai une vision joyeuse et positive de la retraite. Tant mieux d’ailleurs, car toutes les études montrent que cette vision prédit souvent que les choses vont bien se passer, et que les personnes qui ont un regard négatif sur le fait de vieillir, vieillissent en général moins bien.

Mais bien sûr, cette perspective de bonheur à venir est teintée d’un filet de nostalgie, car tout de même, quand on achète sa première carte Senior à la SNCF pour bénéficier des tarifs 3ème âge, ce n’est pas de nos jeunes années qu’on se rapproche.

Mais finalement, nos plus belles émotions sont ainsi constituées : beaucoup de positif et un filet de négatif, qui en rehausse la saveur, comme les épices dans la cuisine. Ainsi, ce bonheur de la plupart des retraités, et qui est attesté par les études, est un bonheur complexe, subtil, avec un petit arrière plan nostalgique et mélancolique, un peu douloureux parfois, qui en fait toute la beauté et la profondeur.

Et puis, il y a aussi dans mon cas une obsession personnelle ancienne.

Il me tarde d’être à la retraite parce que je vais peut-être lever le voile sur une énigme qui me fascine depuis de nombreuses années : pourquoi tant de retraités s’obstinent-ils (ou elles) à venir faire la queue à la Poste, ou au marché, ou dans les magasins, le samedi matin ou en semaine après 18h ? Allongeant ainsi les files d’attente, faisant s’agacer les actifs derrière eux, qui se disent : « mais ils ne pourraient pas faire leurs courses et leurs démarches administratives en semaine, ou dans la journée, pendant que nous on est au boulot ? »

Une fois retraité, je vais enfin - enfin ! - savoir pourquoi ! Pourquoi quand on est retraité, on s’obstine à emboliser les files d’attente aux moments où elles sont les plus longues ! Ça m’ennuierait beaucoup de mourir avant d’avoir compris cela, de l’intérieur…

Et vous, vous en pensez quoi de la retraite ?

Illustration : retraité actif (Picasso dans son atelier, en 1955, à l'âge de 74 ans).

PS : ce texte reprend ma chronique du 27 juin 2017, dans l'émission de mon ami Ali Rebehi, "Grand bien vous fasse", tous les jours de 10h à 11h sur France Inter. 



vendredi 17 novembre 2017

Quand notre cœur fait boum




Parfois, je repense à tous ces traqueuses et traqueurs excessifs, que nous avons soigné dans le service à Sainte-Anne, pendant des années…

Quand il prend de l’intensité, le trac peut devenir un handicap, on parle alors d’anxiété de performance. Ça ne concerne plus seulement le fait de monter sur une scène, mais ça va empêcher de prendre la parole lors d’une réunion de parents d’élèves, d’une fête familiale, d’un tour de table au travail… 

Ah, le tour de table ! C’est le cauchemar pour les traqueurs : on attend son tour, et pendant ce temps, le malaise monte, monte, le cœur cogne, cogne, de plus en plus fort, on se décompose, on panique, c’est le cauchemar ! Car pour le trac, le pire moment c’est avant, c’est l’attente du grand saut dans le vide…

Comme beaucoup de monde, j’ai longtemps eu le trac : à l’école je n’aimais pas du tout passer au tableau, mais mon pire souvenir a été le premier congrès médical où j’ai dû prendre la parole. C’était à Barcelone, alors que j’étais jeune interne. J’ai fait toute ma communication en apesanteur, avec le cœur à 200 battements minute, l’impression d’avoir les pieds au plafond et la tête à l’envers, et en me demandant à chaque fois si j’allais pouvoir prononcer la phrase suivante de mon topo…

Cette panique du corps qui provoque une panique de l’esprit, c’est la marque du trac : affolement partout, dans la tête et dans le cœur : boum, boum, boum

C’est très pénible, le trac, mais il y a tout de même des messages d’espoir, comme on dit.

D’abord, le fait qu’on n’est pas tout seul. Les études montrent qu’environ 1/3 de la population ressent un trac important, et donc évite systématiquement de prendre la parole devant un public. Ça veut dire que si vous avez le trac, environ 30% des gens qui vous écoutent sont des sympathisants ! 

Ensuite, le fait qu’on peut progresser. 

Le trac, c’est une histoire d’entraînement, les comportementalistes disent qu’il faut s’exposer, régulièrement, aux situations qui nous stressent, en le faisant progressivement, en commençant par des prises de parole faciles, devant des publics bienveillants, puis en répétant inlassablement les occasions d’être au centre des regards. Parfois, il faut pour cela rejoindre un groupe de thérapie, un club de théâtre, ou même des clubs de traqueurs, ça existe ! 

Important aussi de lâcher son perfectionnisme (car on n’a pas à faire une intervention parfaite) et son désir de masquer à tout prix son émotivité (car on peut faire un bon speech tout en montrant des signes de trac).

Et peu à peu, on verra le trac reculer, devenir tolérable, et le plaisir à communiquer l’emporter. On sentira que le stress de la prise de parole en public ne se transforme plus en trac paralysant mais en énergie stimulante.

Et vous, est-ce que vous ressentez la montée du trac quand tous les regards se tournent vers vous et attendent que vous commenciez à parler ? Ou juste de la bonne énergie, joyeuse et curieuse ?

Illustration : dans le trac, on se sent pris pour cible des regards et des jugements (illustration de l'ami Muzo, extraite de notre livre Petites angoisses et grosses phobies)...

PS : ce texte reprend ma chronique du 19 septembre 2017, dans l'émission de mon ami Ali Rebehi, "Grand bien vous fasse", tous les jours de 10h à 11h sur France Inter. 


lundi 6 novembre 2017

Anxiété



Quand je parle d'anxiété, je ressens bienveillance, gratitude et fraternité.

Bienveillance, pour tous les patients anxieux que j’aurai soignés dans ma carrière, et qui toujours m’ont touché et ému. Gratitude, parce qu’ils m’ont aidé à travailler moi-même, à leurs côtés, sur ma propre anxiété. Et fraternité, parce qu’ils sont nos frères et sœurs en humanité, juste un peu plus fragiles que les autres, mais que leurs maux se retrouvent chez chaque être humain.

Je suis fasciné par le cerveau anxieux, cette extraordinaire machine à scanner l’environnement à la recherche des problèmes et des soucis potentiels, cette machine à anticiper sans cesse, à grossir et amplifier les obstacles. L’anxiété, par certains aspects, ressemble à une allergie : sauf que là, au lieu d’être allergique aux pollens ou aux noix, on est allergique à l’incertitude ! Dès que quelque chose n’est pas sûr et certain, on commence à s’en préoccuper : tout ce qui n’est pas verrouillé, blindé et garanti à 200% est angoissant ; et donc en gros, la vie toute entière se transforme en une source d’inquiétudes.

Et puis, ce qu’il y a d’émouvant et d’humain chez les personnes anxieuses, c’est qu’elles savent parfaitement, le plus souvent, que leur cerveau en rajoute, qu’il amplifie, qu’il exagère, qu’il les mène par le bout du nez avec l’anxiété ; elles savent parfaitement quelle attitude elles auraient intérêt, parfois, à adopter : moins s'en faire...

Mais ne pas s’en faire, pour un anxieux, ce n’est pas possible ! Il y a toujours un objet de souci ou d’inquiétude quelque part dans leur vie, ou dans le vaste monde !

Heureusement qu’on peut progresser ! Heureusement que l’anxiété on peut apprendre peu à peu à l’apprivoiser ! Mais ça ne tombe pas du ciel comme ça – boum ! - du jour au lendemain, parce qu’on aurait compris quelque chose, dans notre passé ou notre présent, qui expliquerait pourquoi nous sommes si anxieux. C’est plutôt une lente rééducation, une pacification progressive de toutes nos alertes mentales, de notre système d’alarme existentiel. Les thérapies nous aident, bien sûr, quels que soient leurs mécanismes : thérapies cognitives ou comportementales, psychanalyse. Mais aussi la méditation, qui nous aide à pacifier notre corps et notre esprit, qui nous apprend à accepter ce qui est, sans nous affoler…

Très important la pacification du corps et des émotions ! De récents travaux ont confirmé que plus l’activité de notre système nerveux parasympathique (celui qui calme) est accrue, et plus nos efforts pour prendre du recul, « nous raisonner » comme disent les non-anxieux, sont efficaces. Calmer le corps pour calmer l’esprit ! C’est pour ça que la relaxation aide, que le sport et l’activité physique aident, et que la méditation de pleine conscience aide (même si cette dernière nous apporte aussi bien d’autres bénéfices que le seul apaisement émotionnel).

Un patient plein d’humour me disait un jour que finalement, pour lui, c’était plutôt la pleine inconscience dont il rêvait pour ne plus être inquiet. Pleine inconscience pour ne plus rien voir de ses problèmes et des souffrances du Monde. Mais la méditation de pleine conscience, c’est quand même mieux ! Mieux pour continuer de voir les difficultés, mais pour les voir telles qu’elles sont, et non telles que notre anxiété nous les fait imaginer.

Au fait, et vous, comment ça se passe dans votre cerveau ? Un peu d’allergie à l’incertitude ? Une petite tendance à anticiper et amplifier les difficultés ?


Illustration : l'anxiété, vue par l'excellent Muzo, dans notre livre sur l'anxiété.

PS : ce texte reprend ma chronique du 3 octobre 2017, dans l'émission de mon ami Ali Rebehi, "Grand bien vous fasse", tous les jours de 10h à 11h sur France Inter.